Jeu en ligne chez les 18–25 ans en Croatie : une hausse rapide, et des leviers concrets pour mieux protéger les jeunes

Le online gambling games s’est installé dans le quotidien de nombreux jeunes adultes. En Croatie, une enquête de l’Institut de santé publique (2023) met en évidence une augmentation marquée chez les 18–25 ans : 43 % jouent au moins une fois par mois (soit une hausse de 67 % depuis 2019). Derrière ces chiffres, il y a aussi une opportunité : mieux comprendre les mécanismes qui rendent le jeu si attirant permet de déployer des solutions efficaces, réalistes et positives.

Objectif de cet article : expliquer pourquoi la pratique progresse si vite, quels signaux doivent alerter, et surtout comment agir (étudiants, familles, écoles, plateformes, autorités) pour réduire les risques et renforcer l’autonomie financière et psychologique des jeunes.


Les chiffres clés (enquête 2023) : ce que l’on sait

Les données rapportées pour les 18–25 ans en Croatie dessinent un paysage clair : la pratique n’est plus marginale, et une partie des joueurs présente une fréquence élevée.

IndicateurRésultatPourquoi c’est important
Jouer au moins une fois par mois43 % des 18–25 ansLe jeu devient une habitude répandue, donc plus normalisée socialement.
Évolution depuis 2019+ 67 %La croissance rapide indique des facteurs d’accélération (produits, marketing, accès).
Jouer plus de 3 fois par semaine18 %La fréquence augmente le risque de perte de contrôle et d’impact sur les études et le budget.
Jouer tous les jours7 %Un usage quotidien est un signal fort de vulnérabilité, surtout à cet âge.
Dépense mensuelle moyenne (étudiant)≈ 50 € / mois (≈15 % du budget)Une part significative pour un budget étudiant : effet direct sur l’épargne et les dépenses essentielles.
Risque d’endettement+ 23 %Le coût ne se limite pas aux pertes : l’endettement peut peser longtemps (stress, contraintes futures).
Jeu “ Wheel ” joué au moins chaque semaine34 % des jeunes joueursLes jeux à cycles rapides concentrent l’attention et favorisent la répétition.

Les plateformes très populaires (par exemple Stake) et certains formats à gratification immédiate (comme le jeu “ Wheel ”) se distinguent notamment par leur disponibilité permanente et leur expérience “ mobile-first ”.


Pourquoi les jeunes sont plus exposés : 4 facteurs qui se renforcent

La hausse n’est pas un “ hasard ”. Elle s’explique par une combinaison de facteurs technologiques, sociaux et neuropsychologiques. Bonne nouvelle : ce sont aussi des points d’appui pour mieux prévenir.

1) Accessibilité 24/7 : le jeu suit le rythme étudiant

Le jeu en ligne est disponible à toute heure, sans déplacement, sans contrainte. Quand on cumule cours, jobs, vie sociale et fatigue, la tentation d’un divertissement immédiat augmente. L’accessibilité réduit les “ frictions ” qui, autrefois, limitaient la fréquence (horaires, distance, regard des autres).

2) Conception à forte intensité : cycles courts, effets visuels et sonores

Certains jeux sont structurés pour encourager la répétition : des cycles très courts (mise, résultat, relance), des animations et des sons qui renforcent l’excitation et l’anticipation. Quand un format est simple, rapide et “ spectaculaire ”, il devient plus facile d’y revenir… parfois plus longtemps que prévu.

3) Amplification via les réseaux sociaux : quand l’algorithme pousse le “ contenu qui fait réagir ”

Les réseaux sociaux valorisent ce qui génère des réactions : émotions, suspense, gains mis en scène, histoires “ incroyables ”. Le résultat est un effet de loupe : les jeunes voient davantage de contenus liés au jeu, ce qui peut donner l’impression que “ tout le monde le fait ” et que “ gagner est fréquent ”.

Dans un environnement où les publications montrent surtout les moments forts, le risque est de sous-estimer la réalité statistique des pertes et de surestimer ses chances.

4) Un âge charnière : le cerveau continue de se développer jusqu’à 25 ans

Le fait que le cerveau se développe jusqu’à environ 25 ans est un élément essentiel pour comprendre la vulnérabilité : l’évaluation du risque, la planification, la résistance à l’impulsion et la prise de décision sous émotion ne sont pas “ figées ” à 18 ans. Cela ne signifie pas que les jeunes sont incapables de faire des choix, mais qu’ils sont plus sensibles aux environnements conçus pour capter l’attention et encourager la répétition.


Ce que les jeunes y cherchent (et comment répondre positivement)

Parler de prévention ne doit pas se limiter à “ interdire ”. Pour être utile, il faut reconnaître ce que le jeu apporte à court terme, puis proposer des alternatives et des garde-fous.

  • Le frisson: l’anticipation et le suspense. Réponse positive : proposer des activités à “ montée d’adrénaline ” plus contrôlées (sport, e-sport compétitif, défis créatifs).
  • Le sentiment de contrôle: l’illusion de stratégie et de maîtrise. Réponse positive : ateliers de compréhension des probabilités, du budget, et des mécanismes de hasard.
  • Le social: appartenance au groupe, discussions, partages. Réponse positive : créer des espaces sociaux alternatifs (clubs, événements campus), et encourager des conversations non jugeantes.
  • La récompense rapide: “ je veux un résultat maintenant ”. Réponse positive : outils de micro-objectifs financiers (épargne automatique, suivi des dépenses) et routines de gratification saine.

Signaux d’alerte : reconnaître tôt pour agir plus facilement

Un usage occasionnel n’est pas automatiquement un problème. En revanche, certains comportements sont des indicateurs importants, car ils montrent que le jeu commence à prendre le dessus sur les choix.

  • Cacher ou minimiser les dépenses liées au jeu.
  • Négliger des obligations (cours, travail, rendez-vous, sommeil) pour jouer.
  • Emprunter de l’argent pour jouer, ou jouer pour “ se refaire ”.
  • Penser au jeu souvent, planifier la prochaine session, avoir du mal à se concentrer.
  • Incapacité à arrêter malgré les pertes ou malgré la décision de faire une pause.

La détection précoce est un levier puissant : plus on intervient tôt (discussion, encadrement budgétaire, accompagnement), plus le retour à l’équilibre est accessible.


Des réponses qui marchent mieux ensemble : éducation, littératie financière, régulation

Les solutions les plus efficaces ne reposent pas sur un seul acteur. Elles combinent information, compétences pratiques, environnement plus protecteur et accès à l’aide.

1) Éducation : transformer la curiosité en compréhension

Une approche moderne de prévention ne moralise pas : elle explique. Comprendre les mécanismes (hasard, fréquence, budget, biais cognitifs) aide les jeunes à reprendre la main sur leurs décisions.

  • Ateliers sur les probabilités: démystifier l’idée que l’on peut “ sécuriser ” un gain à force d’essais.
  • Décryptage de la gamification: pourquoi les cycles rapides, les bonus et les effets visuels captent l’attention.
  • Culture numérique: comment les algorithmes de recommandation peuvent amplifier une pratique.

2) Littératie financière : un bénéfice durable, bien au-delà du jeu

Quand l’enquête indique qu’un étudiant moyen dépense environ 50 € par mois (environ 15 % du budget), on comprend l’intérêt d’une compétence simple mais décisive : savoir piloter un budget.

Des ateliers de littératie financière peuvent produire des bénéfices concrets :

  • Mettre en place un budget 50/30/20 (ou une variante adaptée), avec une ligne “ loisirs ” plafonnée.
  • Créer un “temps de latence” : attendre 24 h avant toute dépense non essentielle, pour réduire l’impulsivité.
  • Utiliser une règle de sécurité : ne jamais jouer avec de l’argent destiné au loyer, à la nourriture ou aux factures.
  • Apprendre à reconnaître le coût de l’endettement et la spirale “ je joue pour combler une perte ”, surtout dans un contexte où le risque d’endettement est plus élevé (+ 23 %).

Ce type d’apprentissage a un impact positif immédiat sur la vie étudiante, et un impact à long terme sur la stabilité financière.

3) Régulation : réduire l’intensité des incitations et mieux protéger les jeunes

La régulation vise à rendre l’environnement plus sûr, notamment lorsque des produits sont conçus pour maximiser l’engagement. Sans entrer dans des détails juridiques, l’enjeu est de mieux encadrer :

  • La promotion sur les réseaux sociaux, en particulier les formats qui mettent en avant des gains sans contextualiser les risques.
  • Les mécaniques qui favorisent les sessions longues (enchaînement rapide, relances, stimulation audio-visuelle).
  • Les outils de contrôle (limites de dépôt, limites de temps, rappels de session, auto-exclusion) afin qu’ils soient simples, visibles et réellement utilisés.

Bien pensée, la régulation ne se contente pas de “ restreindre ” : elle améliore les conditions dans lesquelles les jeunes prennent des décisions, et elle encourage des pratiques plus responsables.


Plan d’action concret : 10 mesures simples et utiles (étudiants, proches, campus)

Pour les étudiants : reprendre le contrôle sans se priver de tout

  1. Fixer une limite mensuelle de loisirs, et décider à l’avance si le jeu en fait partie (ou non).
  2. Suivre ses dépenses une fois par semaine : 10 minutes suffisent pour voir les dérives avant qu’elles ne s’installent.
  3. Éviter le jeu quand on est dans un état vulnérable (fatigue, stress, solitude) : ce sont des moments où l’impulsivité augmente.
  4. Remplacer la “ session automatique ” par un rituel : une seule session planifiée, courte, et jamais tard la nuit.
  5. Se faire un “ rappel réalité ” écrit : ce que le jeu a déjà coûté, et ce que cet argent aurait pu financer.

Pour les proches : aider sans juger

  1. Ouvrir une discussion factuelle : “ Tu joues à quelle fréquence ? ” plutôt que “ Tu fais n’importe quoi. ”
  2. Proposer une aide concrète : regarder ensemble le budget, les dépenses, les priorités du mois.
  3. Repérer les signaux d’alerte : secret, emprunts, obligations négligées, incapacité d’arrêter.

Pour les établissements : une prévention utile, pas théorique

  1. Intégrer des ateliers de littératie financière adaptés (budget, dettes, décisions impulsives).
  2. Mettre à disposition des ressources d’écoute et d’orientation, faciles d’accès et sans stigmatisation.

Pourquoi se concentrer sur des issues positives change la donne

Les données 2023 sont préoccupantes, mais elles invitent surtout à construire des réponses efficaces. Une approche centrée sur les bénéfices est souvent plus performante :

  • Elle augmente l’adhésion : on parle de compétences (budget, esprit critique, hygiène numérique) plutôt que de culpabilité.
  • Elle crée des résultats mesurables : baisse des dépenses non planifiées, meilleure stabilité financière, réduction du stress.
  • Elle protège durablement : apprendre à gérer l’impulsion et l’argent aide dans de nombreux domaines, pas uniquement face au jeu.

À retenir

En Croatie, l’enquête de l’Institut de santé publique (2023) met en lumière une progression rapide du jeu en ligne chez les 18–25 ans : 43 % jouent au moins chaque mois, 18 % jouent plus de trois fois par semaine et 7 % tous les jours. Avec une dépense moyenne d’environ 50 € par mois (environ 15 % du budget étudiant) et un risque d’endettement plus élevé (+ 23 %), le sujet mérite une action coordonnée.

La dynamique est portée par l’accès 24/7, des expériences de jeu intensives (cycles courts, effets visuels et sonores), la promotion et l’amplification sur les réseaux sociaux, et une vulnérabilité accrue liée au développement du cerveau jusqu’à 25 ans. Les signaux d’alerte (secret, négligence, emprunts, impossibilité d’arrêter) doivent déclencher des réponses rapides et bienveillantes.

La trajectoire la plus prometteuse combine éducation, ateliers de littératie financière et meilleure régulation. En outillant les jeunes, on ne leur retire pas leur liberté : on renforce leur capacité à choisir, à se protéger et à construire une stabilité financière qui sert toute leur vie.

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